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Séminaire
: Usages d'archive et questions d'histoire
Coordinateurs scientifiques : Habib Belaïd
et Kmar Kchir.
Le premier mercredi de chaque mois.
7 séances annuelles.
L'Unité
d'Etudes et de Recherches Archivistiques organise un séminaire
de réflexion méthodologique nourri d'une expérience
de contact et d'organisation du fonds
microfilmé de
l'ISHMN
dont elle assure la gestion.
Profitant de l'insertion de l'ISHMN dans le Campus Universitaire
de La Manouba et avec la création de la nouvelle université
du même nom, les animateurs de ce séminaire ont
voulu créer un espace de rencontre et de débat
entre historiens et chercheurs d'autres disciplines autour
d'un axe thématique large intitulé : Usages
d'archive et questions d'histoire.
La question des archives, matériau essentiel pour l'historien,
occupe une place qui dépasse le simple problème
de la critique des sources, base de tout enseignement d'histoire
et préalable à toute recherche historique.
La mise au jour de nouveaux fonds et la nécessité
de les exploiter selon les méthodes en vigueur donne
au métier d'historien une dimension d'expertise qui,
quoique fondamentale, ne suffit pas à donner un statut
scientifique à son discours ni à extraire leur
part de vérité à des gisements de plus
en plus riches.
En Tunisie et pour ce qui concerne l'histoire contemporaine,
les fonds publics d'archives s'accroissent régulièrement
: l'action des Archives Nationales
créées en 1988 contribue à une prise
de conscience face aux archives de l'Etat et à l'urgence
de leur préservation pour les historiens de demain
et la connaissance future du passé.
L'Institut Supérieur d'Histoire du Mouvement
National œuvre, depuis 1979, à
la mise en valeur d'un fonds archivistique accumulé
par l'Etat colonial et reproduit pour les besoins de la recherche.
En une vingtaine d'années, on y a vu se multiplier
les thèses, mémoires et articles sur l'histoire
politique, sociale, culturelle et économique qui accompagne
la naissance et le développement d'un mouvement national.
A côté du noyau d'archives écrites et
publiques que recèlent les
fonds français concernant la
colonisation de la Tunisie, d'autres types
de sources ont été progressivement adjoints
: la collecte de témoignages
oraux, l'acquisition de
photos, le dépôt de papiers
privés, la gestion de musées
dotent l'Institut d'une matière archivistique de plus
en plus riche et diversifiée, élargissant ainsi
le spectre de la notion de " sources de l'histoire du
mouvement national ".
Devant la multiplication des supports et la complexité
accrue de la nature des documents, l'historien est appelé
à redoubler de " technicité " mais
aussi et surtout de vigilance dans son rapport aux sources
et sa démarche interprétative. L'enseignement
et la recherche en histoire contemporaine réputés,
à tort, peu soucieux de méthode à cause
d'une archive dite proliférante sont sommés
de se doubler d'une alerte méthodologique constante
et d'une posture comparatiste en éveil.
Souvent proclamée, l'ouverture aux autres sciences
sociales (sociologie, économie, anthropologie, droit…)
reste la plupart du temps à l'état de profession
de foi décorant les introductions des travaux. Par
ailleurs, la tendance à la "spécialisation"
entraîne le cantonnement des historiens de l'époque
contemporaine à la fourchette du XXème siècle,
débordant à peine sur le siècle précédent.
Au-delà d'une transdisciplinarité illusoire
et sans croire à la possibilité de faire éclater
la quadripartition usitée, il serait bénéfique
de pousser les limites de l'histoire strictement contemporaine
en allant chercher inspiration, débat et comparaison
dans des ouvrages, articles voire des instruments de recherche
qui, par les questions posées, les outils utilisés
ou les approches empruntées apportent à l'historien
de la Tunisie contemporaine des perspectives enrichissantes,
des clés de lecture renouvelées, des grilles
de raisonnement.
Pour aborder ces questions non pas d'une manière abstraite
mais en fonction d'expériences concrètes et
de recherches appliquées, Habib Belaïd
et Kmar Kchir Bendana, coordinateurs scientifiques
du séminaire, se proposent de jeter les bases d'une
réflexion méthodologique soutenue avec la collaboration
d'un certain nombre de chercheurs qui ont exprimé le
désir et le besoin de se réunir périodiquement
pour se communiquer références et informations,
échanger les doutes méthodologiques et débattre
de la pratique professionnelle de chacun.
Sous la forme d'ateliers périodiques (le premier mercredi
de chaque mois), le programme général
alterne exposés originaux et comptes rendus d'ouvrages,
selon l'actualité scientifique et les disponibilités
des intervenants.
Ce
séminaire s'est déroulé sur trois cycles
annuels : 1999-2000
; 2000-2001 ; 2001-2002.
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